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Il ne faut pas de si petites mains pour agripper la lumière

Quand elle entre dans la maison, lui monte au nez une légère odeur de suie, de langes souillés et de lait chauffé. Au milieu du salon sombre en pièce sur pièce, la petite dort dans les bras ronds de sa mère assoupie, fève dans sa cosse. Beth délace ses chaussures, en dégage la neige, descend à la cave ajouter une bûche dans le poêle. Elle retire ses pelures une par une, qu’elle étend sur les cordes molles. Elle remonte, attrape la large couverture de laine et enrobe la fève et sa cosse.

À l’image de la belette, Beth se faufile entre les roches du monde. Après avoir assisté à un accouchement spontané à l’adolescence, elle s’engage dans l’accompagnement à la naissance. Mentorée par Hélène, sa grand-mère de cœur, elle apprend et pratique le métier de sage-femme malgré l’illégalité. Se révéleront alors à ses yeux tous les liens insoupçonnés qui peuvent unir les femmes entre elles. Or sa pratique, comme la profession, se verra sans cesse menacée.

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