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Un écrivain désabusé, dont le dernier manuscrit a été refusé, fait un ultime voyage à Buenos Aires où il compte bien en finir. Avant de passer à l’acte, il cherche toutefois à revoir d’anciennes amies, parcourt la capitale et, surtout, écrit [ou envisage d’écrire ?] un nouveau texte, qu’il relit et corrige frénétiquement. La poésie de Patrice Lessard aborde des thèmes graves avec une ironie qui fait hésiter entre le rire et les larmes.

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Extrait

« Ma mort ayant tout à voir avec l’écriture, j’avais déterminé de m’astreindre à écrire même si cela n’allait jamais donner un livre – écrire pour rien puis mourir. Je ne supportais plus la vie comme je ne supportais plus le pays natal, j’aurais pu me tuer chez moi, en un sens c’eût été plus simple, le message plus clair, moins dilué – or me supprimer loin d’Ester contribuerait peut-être à atténuer sa douleur – c’était stupide et égoïste d’imaginer cela, je cherchais seulement une échappatoire, il fallait m’éloigner, fuir, me retirer de mon lieu de vie que je détestais et laisser passer le temps un peu avant de me retirer de la vie que je détestais – non : que je ne savais plus vivre.

Un geste. Et je n’écrirais plus. »

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