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Une femme a disparu d’une résidence pour aînés. Sa petite-fille, sous le choc, refuse de quitter les lieux tant que sa grand-mère n’aura pas été retrouvée. Menant son enquête, la jeune femme infiltre le lieu et découvre le quotidien de ces vieux laissés à eux-mêmes, isolés et médicamentés, mais aussi frondeurs, peut-être même prêts à faire la révolution!

Drôle, incisif et volontiers surréaliste, Sa disparition se construit à partir de discours réels sur les aînés pour éclairer une faille majeure de notre monde actuel: la disparition des personnes âgées de notre radar social. Une vieillesse à l’agonie, à laquelle Olivia Delachanal rend un poignant hommage.

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Extrait

Chambre 201

- Ah ben, oui, que je m’en souviens ! Elle est difficile à ignorer, votre grandmère ! Des fois, le matin, elle se lamente : « j'ai mal au ventre, j'ai mal au ventre », qu’elle dit. Elle crie tout le temps ! « Ça me fait mal, je veux mourir. » On n’entend rien qu’elle. Je pense à chaque fois, ayoye, ils lui font donc bien mal. Elle crie toujours ! Pis, même quand y a personne à côté d'elle, elle crie pareil. Si elle criait pas, je serais aller lui rendre visite savez-vous. Moi, j’aime ça parler au monde, mais pas à eux autres qui crient.
- Ces derniers jours, est-ce que son comportement a changé, l’avez-vous entendu appeler ?
- Je penserais pas. Je crois ben que je l’ai pas entendue hier pis le jour avant. Y a eu des docteurs, je crois qui sont aller dans sa chambre, j’pense ben.
- Quel jour, vous souvenez-vous à quel moment ?
- Ayoye, pas certain. Mais je dirais ben juste après les rôties, me semble.
- Merci madame Troquet, si quoique ce soit d’autre vous revient…

Chambre 202

- J’ai entendu parler de vous. C’est bien ce que vous faites, hein, il ne faut pas se laisser faire ! Moi aussi je suis une femme qui sème le trouble. J'ai parti une pétition pour la physio il y a tout juste deux semaines. J'ai envoyé des lettres au député, au ministre, au CRSSS. Imaginez ! M. Gagnon a pas trop aimé ça, hein… Le directeur... Et pourtant, on en aurait besoin de la physio pour garder notre autonomie. Évidemment, ils n'ont pas l'air à comprendre, ils ont presque l'air à être contents qu'on tombe du lit ! C’est qu’il suffirait qu’on les active ces muscles-là, ça tombe sous le sens, vous croyez pas ? Mais non, on s’ankylose tranquillement, bêtement parkés dans nos chambres. Et c’est pas comme si je demandais des cours de karaté. Savez-vous que ça existe, dans des places plus évoluées qu’ici ? Des cours de karaté préventif qu’ils appellent ça. Moi, je demande juste de la physio, de quoi de bien simple.

On en parle

Un vibrant plaidoyer littéraire et documentaire en faveur de la réforme d'un système bancal. 
– Coup de pouce

C'est un récit authentique, révoltant et absolument nécessaire. La narration, habile et intime, navigue entre les inquétudes, les questionnements, l'empathie, les faits documentés et des clins d'œil doux à d'autres œuvres pour faire tourbillonner les étincelles de prise de conscience qui se déposent avec légèreté sur une fin qu'on souhaiterait apaisée.
Fabulations d'une prof de français 

Dans ce récit, l'enquête de la détective amatrice se fait investigation journalistique, la narratrice mêlant ses pensées personnelles aux témoignagnes, rapports ministériels, lettres ou rendus de justice qu'elle collecte. […] On aurait tort de croire que cee roman cède au pathos. Malgré le sérieux de son sujet et le drame que vit sa narratrice, le ton est souvent cocasse, poétique, multipliant les cliens d'œil aux classiques du genre, de Sherlock Holmes à Maigret, en passant par Hercule Poirot. […] Et pour un coup d'essai, c'est un véritable tour de force.
– Page par page

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Paroles d'autrice