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La petite fille qui aimait Stephen King

Collection Romanichels

Émilie a toujours été différente, mais sa différence a changé. Il y a eu l’accident, et elle s’est transformée en quelque chose qui ne s’explique pas, qui ne se tolère pas. Et puis, elle ne semble plus avoir besoin de sa grande sœur, Julie, qui était pourtant la seule à pouvoir accéder à son monde troublé par l’autisme. Julie, dès lors, ne sait plus quoi faire pour aider Émilie, elle ne la reconnaît pas. Elle va donc tout tenter pour comprendre, pour réparer, pour «trouver une solution», pour aider ce que sa sœur est devenue. Elle ira jusqu’à prendre des décisions impossibles, poser des gestes insensés, pour retrouver sa petite sœur d’avant.

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Extrait

Le rire de ma sœur est une des dix choses que j’aime le plus au monde. C’est un rire sans retenue. Comme elle. Il prend tout son corps. Il déboule en petites boules d’énergies contagieuses. Elle rit avec des vagues qui lui font manquer de souffle. Elle rit avec liberté.

Je ne l’ai pas entendue rire depuis l’accident. […]

Nous sommes parties un vendredi, elle portait son tricot jaune. Le vendredi, elle porte du jaune. Je portais mon t-shirt jaune pour lui faire plaisir. Pour la rassurer. Elle n’est pas si compliquée, il faut juste la connaître, la comprendre. Faire un effort pour penser comme elle. Elle s’efforce bien de penser comme nous, je ne vois pas pourquoi on ne lui retournerait pas la pareille de temps en temps. Mais il m’est arrivé de me demander ce que cela dit de moi, de mon organisation mentale, de la comprendre avec autant de facilité.

On en parle

L’amour à mort. On a tous entendu parler de l’amour fusionnel qui peut devenir malsain, et on en a ici un exemple fabuleusement romancé. Cette transposition du réel, de la vie de tous les jours, dans l’horreur psychologique et le suspense crée un mélange complètement explosif. Ça nous emmène très loin; c’est une façon de transcender les peurs et les sentiments que peut-être, autrement, on ne voudrait pas voir, et Claudine Dumont fait ça avec brio. Sans parler de sa plume, de son sens du rythme. On entre dans le roman et on est happés.
Alors, attachez votre tuque! car on est partis pour une méchante grosse ride, comme on dit en chinois.

– Éric Tessier

Lauréat
Prix littéraire de l’École secondaire Marcellin-Champagnat 2016
Thriller psychologique Roman abordant la vie familiale

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