Il n’a que trente-cinq ans et sa vie a déjà tout d’un roman d’aventures. Après avoir travaillé pour Amnistie internationale et pour Human Rights Watch, souvent en zone de conflit et parfois au péril de sa vie, Jonathan Pedneault devenait, le 19 novembre 2022, cochef du Parti Vert du Canada. Un rôle politique exaltant, mais qui lui fait prendre conscience de la difficulté de faire vraiment bouger les choses en matière d’équité sociale et d’environnement, à l’heure où l’état de la planète exige des pouvoirs publics une action immédiate. Il raconte son parcours et les motivations profondes de son engagement dans Tête première, cœur ouvert, un livre d’une franchise désarmante, à cent lieues de la langue de bois et des idées reçues.
Extrait
« En débutant la rédaction de ce livre, en 2022, alors que j’entrais en politique fédérale, je demeurais profondément marqué par mes choix de vie antérieurs. Au cours des quatorze années précédentes, j’avais tout fait pour quitter notre cocon canadien afin de me confronter tête première, cœur ouvert aux horreurs dont notre monde est bien souvent le théâtre. J’en étais revenu changé, et pas que pour le mieux.
Aujourd’hui, en mars 2025, alors que je révise la dernière mouture de ce livre et me prépare à ce qui pourrait être l'élection fédérale la plus importante de l’histoire du Canada, il m’apparaît plus clair que jamais que nous sommes au bord d’un précipice, et que plus personne sur cette planète n’est à l’abri.
Au sud de la frontière, nos voisins détruisent leur démocratie et se tournent vers le fascisme. D’affreuses guerres se poursuivent en Ukraine et au Moyen-Orient. Les puissances russe, chinoise et étatsunienne s’activent à détruire plus d’un siècle de relative stabilité et de protection pour les petits états. Le racisme, la xénophobie et la haine reviennent à la mode, ici aussi, alimentés par ces milliardaires qui préfèrent qu’on s’en prennent les uns aux autres et qu’on se blâment mutuellement pour la hausse du coût de la vie et la stagnation des salaires plutôt que de réfléchir au rôle qu’ils ont joué dans ce fiasco. »