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La route sacrée. C’est ainsi que s’est appelée notre expédition. Il ne pouvait y avoir de titre plus approprié pour ce voyage dont nous avions rêvé, que nous avons pensé et organisé pour finalement le vivre en espérant entre nous la plus grande harmonie. Dès l’amorce du projet, dès l’exposition de nos rêveries initiales, nous avons considéré qu’il était essentiel de nous situer dans l’esprit même de la sacralité d’une route déjà parcourue par le père Laure avec ses guides, il y a plus de deux cent cinquante ans. Plus nous avancions dans notre recherche historique, plus nous pressentions que notre expédition allait devenir une manière de pèlerinage, avec tout ce que cela comporte de nécessaires moments sacrés. Les lectures dans lesquelles nous nous sommes immergés, et que nous avons poursuivies tout au long de la route, nous ont souvent ramenés au cœur même de la sacralité du voyage vécu par le père Laure.

Jean Désy, Isabelle Duval et Pierre-Olivier Tremblay décident de se diriger vers l’Antre de marbre de la Témiscamie, un lieu chamanique, connu depuis des milliers d’années, visité et parfois habité par des Innus et des Cris. Partis sur les traces du père Laure, un missionnaire jésuite qui, accompagné par des guides innus, aurait dit une messe en 1730 à cet endroit, nos trois pèlerins confrontent leurs rapports au monde qui sont différents, certes, mais animés par une même quête spirituelle, celle d’une route qu’ils ont voulue sacrée.

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Extrait

La route sacrée, c’est le chemin que nous avons parcouru en voiture, à pied, en roulotte et en canot, pour nous rendre dans les collines de quartzite jouxtant la rivière Témiscamie, au lieu dit l’Antre de marbre, à l’est du lac Mistassini.

La route sacrée, c’est aussi toute la préparation qui a mené à cette expédition, laquelle constituait une expérience de «réactualisation» d’un fait historique: en 1730, le père Laure, un missionnaire jésuite, atteignit cet endroit, désigné comme chamanique par les Amérindiens, et y aurait dit la messe avec ses guides. Voilà un événement qui évoque pour nous un puissant choc de cultures – pas nécessairement disharmonieux –, duquel nous avons voulu écouter les résonances, presque trois siècles plus tard.

Finaliste
Prix du livre de Communications et Société 2018
Histoires vécues : généralités Spiritualité et expérience religieuse Québec : Abitibi-Témiscamingue