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Tout commence de façon sordide: Julien Henry, onze ans, et son frère aîné, Pierrot, découvrent leur mère pendue au portemanteau du couloir. Pierrot comprend alors qu’il n’y a plus rien à faire dans cette ville de merde et qu’il vaut mieux lever le pied. Les deux partent en cavale à la recherche de la mer et du bateau qui les mènera en Amérique. Là, pense Pierrot, est leur salut, mais ils ignorent que c’est vers l’horreur qu’ils se dirigent…

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Extrait

En vrai, ça a commencé en rentrant de l’école, quand on a trouvé maman dans le couloir. Elle était blanche et pendue au portemanteau, ses jambes repliées sous elle, la langue bleue et sortie de la bouche, les yeux tout bizarres qui regardaient vers le plafond. Elle portait sa blouse de travail, une blouse en nylon rose, avec son nom brodé en lettres rouges. Lisa Henry. Henry pour le nom de mon papa et Lisa pour Élisabeth. Moi, je m’appelle Julien, Julien Henry, j’ai onze ans.
[…]
On a tout vidé, même la boîte à bijoux qu’on avait fabriquée à la petite école avec du carton et des coquillettes dessus, peintes et collées en forme de cœur. À l’intérieur, on a trouvé nos dents de lait et deux petites mèches de cheveux. Pierrot s’est énervé. C’est de l’argent qu’il voulait, pour partir, il me l’a dit plus tard, quand on a regardé son film sur les Indiens. On était installés sur le canapé quand il s’est souvenu des paroles de M. Louvain: «Avant, il y avait des Indiens à New York.» Pierrot avait été tout excité d’imaginer des Iroquois dans les rues de Manhattan. Je m’en souviens, en classe on est assis l’un à côté de l’autre. Une idée de M. Louvain. […]
— Faut partir, il a répété. On va aller là-bas, en Amérique.
Moi, j’avais envie de rester là, à fumer des cigarettes et boire de la bière.

Roman abordant la vie familiale Thème narratif : avancer en âge Thème narratif : la mort, le deuil, la perte