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De Groulx à Laferrière

Un parcours de la race dans la littérature québécoise

À ce jour, la théorie littéraire a négligé la question raciale qui, pourtant, hante la littérature québécoise. Corrie Scott remédie à cette lacune en se penchant sur la représentation de la race dans des textes marquants, écrits entre 1839 et 2008, et sur son rôle dans la formation des discours littéraires et identitaires au Québec.

Lord Durham, dans son rapport, et Lionel Groulx, dans L’appel de la race, se servent tous deux de la race pour expliquer la supériorité d’un groupe sur un autre, celui des anglophones ou des francophones, selon le cas. D’autres se tournent vers l’Autochtone ou le Noir. Pour Félix-Antoine Savard, dans Menaud, maître-draveur, et Yves Thériault, dans Ashini, l’Autochtone s’avère crucial dans la construction de l’identité québécoise, alors que Pierre Vallières, dans Nègres blancs d’Amérique, et Michèle Lalonde, dans Speak White, expriment leur propre dépossession à partir de celle des Noirs américains. Chez Dany Laferrière et Ying Chen, par contre, la race semble libérée de toute prise en charge sociale. Dans Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, en effet, Laferrière ne l’exploite pas pour promouvoir une cause; dans Je suis un écrivain japonais, il s’en sert même d’une manière ludique, voire comique. C’est sa nature fictive qu’il met de l’avant, tout comme le fait Ying Chen dans Quatre mille marches.

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