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Emma ne vit pas vraiment. Elle n’ose rien, ne crée aucun lien, elle a un boulot inutile. Et surtout elle boit, trop, pour oublier son existence gaspillée. Une nuit, elle se fait enlever dans sa chambre par deux hommes masqués et se réveille le lendemain dans une pièce vide. Enfermée entre quatre murs de béton, avec seulement un matelas au sol et une lampe au plafond. Où est-elle exactement? Qui l’a enlevée? Pourquoi?

Durant sa captivité, Emma se pose bien sûr toutes sortes de questions, d’abord sur ses ravisseurs, mais aussi sur elle-même et sur la façon dont elle a vécu jusque-là, lorsqu’elle était encore «en liberté».

L’auteure, qui signe ici un premier roman au rythme haletant, est redoutable. Grâce à un style nerveux, dépouillé, presque sec, elle installe un suspense complètement hypnotisant.

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Extrait

Je ne veux pas disparaître. Je ne veux pas mourir. Je peux bouger. Je dois bouger. Je vais bouger. Faire de l’exercice. Comme les types en prison qui deviennent tous baraqués parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire. Je suis en prison? Je vais faire de l’exercice. Je n’ai rien à soulever, mais j’ai toujours mon corps. Je n’ai que mon corps. Je me lève. Je bois. J’enlève ma jupe et je fais des étirements. Puis des redressements assis. Pas beaucoup. Je suis vite épuisée. Je fais des squats. Mes cuisses brûlent. Je continue. Je fais des pompes. Je fais deux pompes. Je n’arrive pas à en faire davantage. Puis je cours. En rond. Pieds nus. Comme un rat en cage. Pas en prison. Je suis en cage. Je cours. Je m’arrête pour boire. Je me sens un peu mieux. J’ai eu chaud, il y a de la sueur sur mon visage, mon chandail est trempé sous les aisselles. Ça sent la sueur. Juste la sueur. Pas la mort. C’est une odeur rassurante. Ça sent la vie.

Droits vendus en
Anglais, Arménien et Serbe